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L’appartement – Partie 4

J’ai plongé mon regard dans ses prunelles sombres. Un océan juste avant la tempête.

Un minuscule éclair a zébré son iris. Sous le calme apparent la tension enflait.

Je n’attendais qu’une chose : le déferlement.

Je voulais me noyer dans sa bouche, m’abandonner au tourbillon, que tout déborde et se répande, jusqu’à en perdre les contours de mon propre corps.

Sa main a lâché mes doigts, a glissé sur ma hanche, s’y attardant quelques secondes, comme pour demander la permission de s’aventurer plus loin. 

Délicatement, il a défait le paréo, découvrant ma peau nue tout offerte à ses caresses. 

Puis, avec une douce urgence, il a empoigné mes fesses pour m’attirer au-dessus de lui.

Je surplombais sa bouche si dangereusement proche de la mienne que nos souffles brûlants se mélangeaient.

Ses lèvres entrouvertes semblaient attendre que je les dévore. Il a resserré sa main sur ma nuque, me rapprochant encore plus de son visage. 

J’ai lentement glissé mes lèvres sur les siennes avant de les capturer tout entières.

Et, comme si c’était le signal attendu pour laisser libre cours à nos ardeurs, tout s’est accéléré d’un seul coup.

Mes mains fiévreuses se sont faufilées sous ses vêtements pour les lui retirer et il en a fait de même avec mon t-shirt, qu’il a envoyé valser avec empressement quelque part dans un recoin de la chambre.

Nos peaux brûlantes et moites enfin se sont rencontrées, nos désirs à leur paroxysme. 

Nous nous sommes caressés jusqu’à la jouissance. Je me suis laissé traverser par le flux et le reflux, par le plaisir que ses mains, sa bouche, son corps me procuraient.

Puis, son souffle dans mon cou, je me suis laissé dériver vers le sommeil, le cœur débordant du bonheur de cette rencontre physique inespérée, mais déjà déchiré à l’idée que, quelques heures plus tard, il repartirait.

Une nuit que la pluie nous avait offerte.

Et je ne savais pas si c’était la plus belle chose au monde. Ou la plus cruelle.

À SUIVRE

L’appartement, une petite fiction en plusieurs épisodes.
© 2026, Marie Veuthey

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