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L’appartement – Partie 1

Salut !

Bienvenue dans L’appartement, une petite fiction en plusieurs épisodes.

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© 2026, Marie Veuthey

Était-ce un date, ou juste un petit souper entre amis ?

— Je cuisine, m’avait-il dit. 

Et j’avais accepté son invitation. Juste nous deux, dans cet appartement que nous n’avions jamais partagé et que ni lui ni moi n’habitions plus.

C’était peut-être un date, tout compte fait. Je n’ai jamais vraiment su. Mais au fond, ce n’est pas le plus important.

Quand j’ai ouvert la porte sur le corridor familier, il était affairé à la cuisine.

— Entre seulement, a-t-il crié à travers l’appartement.

— Ça sent bon, dis voir, ai-je commenté, avant même de l’apercevoir, penché sur la poêle à frire, vêtu d’un tablier noir avec lequel il ressemblait à un chef étoilé.

Plus tard, après le repas, à l’heure où la nuit devient plus fraîche, nous nous sommes installés sur le balcon. Celui dont la vue donne sur le clocher de la cathédrale illuminée. C’était août et j’avais oublié les orages vespéraux, lorsque j’ai posé mes fesses sur la chaise en plastique. Me relevant aussitôt, le cul trempé.

Il a ri un peu, je crois, avant de me proposer son paréo, et j’ai retiré mes vêtements mouillés pour m’enrouler dans le tissu coloré et retourner m’asseoir par terre sur le balcon, le dos contre le volet dont la peinture s’écaillait, attrapant entre mes deux doigts le joint qu’il me tendait.

Dans les volutes de fumée qui s’élevaient dans la nuit, nous avons parlé jusqu’à ce que la rumeur de la ville s’estompe. De littérature, peut-être, ou alors de voyage, de constellations, de rêves et de ces envies que l’on a quand on a vingt ans et la vie qui s’étale à nos pieds, comme un vaste espace vierge à explorer.

Et, alors qu’il se faisait déjà tard, il a longuement regardé la pluie qui commençait à tomber plus dru, avant de proposer : 

— Tu peux rester dormir, si tu veux. Le lit est assez grand.

À SUIVRE

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